Je n'en étais pas en bigoudis et en peignoir. Je lisais le Monde, encore, France Inter en fond sonore. J'avais parfois une furieuse envie de me retrouver dans un immense centre commercial bondé, mais sans enfants. J'avais l'impression que j'étais moins fatiguée quand je travaillais. Je me demandais si je serais encore capable d'avoir un supérieur. Certains jours, n'importe quel interlocuteur de plus de trois ans faisait l'affaire, voisine cotorep, boulangère mono-neuronale, poule, poupée qui parle*. J'ai développé des trésors d'imagination pour aller chercher des bûches dehors sans pourrir le ménage tout frais de la cuisine, les neurones phagocytés par le respect de l'équilibre alimentaire de trois bonshommes en pleine croissance.
Je n'avais jamais imaginé qu'on puisse faire autant de choses en même temps.
Malgré toute ma bonne volonté, j'étais organisée comme une patate, dépassée par les évènements, furieusement récalcitrante aux bons conseils de Marie-Claire, heureuse quand même au milieu des éclats de rire d'enfants et du linge à repasser.
Il y avait des signes, déjà : mon petit dernier allait avoir 1 an et je n'étais même pas enceinte...

Caroline Ingalls rend son tablier (et son merlin), adieu couches lavables et purées maison, adieu "Chut les enfants, Papa travaille", bonjour pommes noisettes surgelées, petites ballerines grises jamais portées, bonjour auteurs du monde entier et émulation intellectuelle...
Voilà, mon bon lecteur, tenace et fidèle compagnon, mon retour blogal s'accompagne d'un scoop : je retourne à la mine !

2_octobre_2007_004

* (pensée sémounesque et nostalgique à mon amie Fanny-P.)