La première semaine de travail. Si je ne craignais pas les références littéraires douteuses, j'aurais volontiers intitulé ce papier "Stupeur et tremblements". Dégourdir mes neurones rompus au management familial mais rouillés pour tout ce qui concerne la vie professionnelle n'est pas une mince affaire. M'adresser à des personnes dont l'âge dépasse celui de l'entrée en petite section relève du parcours du combattant (surtout face à des collègues chagrines de devoir m'assister dans mes démêlés avec la photocopieuse). Outre la coalition formée conjointement par l'imprimante quadrichromie, l'affranchisseuse capricieuse et un standart digne du tableau de bord du dernier concorde, il me faut également affronter les soupirs appuyés de ma voisine de bureau avant même que je lui ai demandé une aide quelconque, les regards entendus qu'elle échange avec notre troisième condisciple quand je me débats pour envoyer un fax, leurs moues navrées quand elle me lâchent "Ah, mais personne ne t'a dit que tu devais aussi t'occuper de ce dossier ?"... Hostilité palpable à laquelle j'oppose un sourire irritant d'enthousiasme inaltérable.
C'est que je suis heureuse de travailler, mon bon lecteur. Heureuse, portée, perchée, rien n'entame mon envie d'en découdre : venez donc, photocopieuse récalcitrante, tableur excell malveillant, trentenaire disgrâcieuse ! Pour qui a vécu deux ans à la campagne avec pour seule compagnie sociale un fan de Johnny et le résultat improbable du croisement entre Régine et une prothèse externe, tout autre contact relève de la rencontre onirique.
Tandis qu'à la maison, la relève est assurée de main de maître : et qui qui c'est qui assure les goûters, les petites purées maison tout en nettoyant la douche le fer à repasser entre les dents ?

papa